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Trouble du spectre autistique

La structure cognitive unique des personnes autistes est primordiale à considérer pour une meilleure compréhension du TSA. « Même si la vie n’a pas de sens, qu’est-ce qui nous empêche d’en inventer un ? » (Lewis Caroll; Alice aux pays des Merveilles)

FAQ

1. Qu’est-ce que l’autisme ?

Ce n’est pas un problème sensoriel, ni un problème d’intelligence, ni un trouble de la parole, ni un problème émotif, ni un problème relationnel, ni un trouble de socialisation ou d’habiletés sociales, et encore moins un trouble de comportement. L’autisme est un trouble neurodéveloppemental.

2. TOUT LE MONDE DONNE SA VERSION; Y A-T-IL DES CONSENSUS ?

Il y a deux consensus. Le premier, c’est qu’il s’agit d’une différence de connexion au cerveau. L’autiste possède le même équipement que tous les êtres humains mais cet équipement est connecté différemment. Le deuxième consensus est que ces connexions vont du côté perceptif. Le cerveau est donc attiré par les détails, le concret et le non social au lieu d’aller vers l’abstrait, la voix humaine et le social. Les autistes sont donc des « aveugles sociaux ».

3. EST-CE QUE LES BESOINS RELIÉS À L’AUTISME ONT DÉJÀ ÉTÉ PUBLIÉS ?

Aucun document officiel n’a publié les besoins réels en lien avec l’autisme. La raison en est simple : quand les non autistes (neurotypiques) parlent de l’autisme, ils ne parlent pas de la même chose que les autistes. Alors, comme ils commencent tout juste à voir comment se comporte le cerveau grâce aux appareils et qu’ils ne comprennent pas encore ce que l’autisme crée comme impacts internes chez l’humain, ils n’arrivent pas à cibler les besoins. Ils restent donc dans les besoins plus globaux soit ceux aux niveaux suivants : sensoriel, communication, socialisation et comportements.

4. EST-CE QUE LES AUTISTES ONT TOUS DES TROUBLES DE COMPORTEMENT ?

Non. Les troubles de comportement ne viennent pas avec l’autisme.

5. EST-CE QU’IL Y A QUELQUE CHOSE À FAIRE ?

Oui. La personne naît avec l’autisme mais si elle est bien aidée, que ses besoins sont bien ciblés, elle peut arriver à gérer les impacts de mieux en mieux avec le temps. Une personne autiste peut évoluer énormément contrairement à ce qu’on a pensé pendant des années.

6. EST-CE QUE L’AUTISME ÉVOLUE ?

Oui. Dans les deux sens. Positivement lorsque les besoins sont ciblés correctement et que l’aide apporte des impacts concrets sur le développement, que la personne arrive à communiquer (et non uniquement à parler), et qu'elle a accès à son plein potentiel. Négativement, si on laisse l’écart de développement augmenter. Il n’est pas normal que la situation se dégrade si on parle uniquement d’autisme et qu’il n’y a pas d’autres troubles identifiés.

7. EST-CE QU’IL Y A BEAUCOUP D’AUTISTES QUI NE PARLERONT JAMAIS ?

Selon les connaissances actuelles, il y aurait environ 10% des autistes qui ne parlent pas contrairement à 50% il y a quelques années. Nous connaissons maintenant les techniques pour faire parler un autiste, ce qui est cependant distinct de l’amener à communiquer.

8. EST-CE QU’UNE SEULE PERSONNE PEUT DIAGNOSTIQUER LE TROUBLE DU SPECTRE AUTISTIQUE (TSA)? ?

Les lignes directrices du Collège des médecins et de l’Ordre des psychologues au Québec demandent une rigueur dans le diagnostic. Il faut donc une équipe multidisciplinaire et des professionnels ayant une expertise en TSA pour établir le diagnostic.

9. EST-CE QUE L’AUTISME PASSE AVEC LE TEMPS ?

Non. Il faut s’en occuper. Il s’agit d’un état dont les connexions affectent le développement. C’est pareil comme la surdité ou la cécité : ça ne passe pas avec le temps et il faut s’en occuper.

10. EST-CE QUE L’AUTISME SE GUÉRIT ?

L’autisme se présente sur deux faces : la face cachée et la face apparente. Plusieurs pensent qu’en faisant disparaître la face apparente, l’autisme est guéri. C’est faux. Ce n’est pas en arrêtant des gestes dont on ne considère pas la vraie fonction qu’on règle un problème de connexions au cerveau.

11. Y A-T-IL DES AUTISTES HEUREUX ?

Oui. Plusieurs autistes adultes sont capables de témoigner qu’ils ont réussi à être bien. Le bonheur est possible même chez les autistes!

12. EST-CE QUE LES AUTISTES ONT DES ÉMOTIONS ?

Oui. Il est faux de croire que les autistes n’ont pas d’émotions. L’autisme possède une histoire de 70 ans de cauchemars… attention aux mythes qui tiennent le coup!

13. EST-CE QU’ON PEUT « CASSER » LES COMPORTEMENTS D’UN AUTISTE ?

Il faut d’abord faire la distinction entre les manifestations qui appartiennent à l’autisme et qui ont une fonction au niveau développemental afin de ne pas affecter la gestion autistique et ensuite, cibler les vrais comportements problématiques sur lesquels on peut avoir du pouvoir. Donc, si on veut « casser » des comportements chez un autiste, il faut très bien connaître l’autisme sinon on déclenchera des réactions de détresse.

14. EST-CE QUE L’AUTISME EMPÊCHE D’AVOIR D’AUTRES PROBLÈMES ?

Non. L’autisme n’empêche en rien d’avoir des troubles associés. Certains sont plus fréquents que d’autres comme le TDAH et l’épilepsie.

15. EST-CE QU’UN AUTISTE DOIT ÊTRE SUIVI TOUTE SA VIE À CAUSE DE L’AUTISME ?

Non. Il est faux de croire qu’un autiste a besoin de services toute sa vie. Il peut avoir besoin ponctuellement, à certaines étapes de sa vie, d’une aide mais rarement en continuité, sauf au démarrage.

16. EST-CE QU’IL Y A UN ÂGE POUR AIDER UN AUTISTE ?

Non. La plasticité cérébrale impliquée est présente toute la vie. Donc, on peut commencer le travail à n’importe quel âge. Le plus tôt demeure le mieux, pour éviter à la personne autiste de vivre trop d’anxiété.

17. EST-CE QUE TOUS LES AUTISTES ONT BESOIN DE LA MÊME THÉRAPIE ?

Non. Il est essentiel de bien cibler les besoins réels reliés à l’autisme, selon le degré de développement autistique de chacun. Il est primordial de prendre en compte le bagage humain, les capacités d’apprentissage, la disponibilité d’apprentissage et les troubles associés afin de le rejoindre là où il est rendu.

18. EST-CE QU’IL Y A UNE PROFESSION QUI AMÈNE À INTERVENIR EN AUTISME DIRECTEMENT ?

Non. À cause de l’état des connaissances, l’ensemble des métiers et professions ne reçoivent pas encore une formation complète en lecture et intervention en autisme. De plus, l’autisme est neurodéveloppemental. Donc, plusieurs métiers sont sollicités selon l’évolution de l’intervention en autisme. Par contre, il est important que chacun puisse mesurer ce qu’il fait à partir du développement, de l’évolution du traitement de l’information et de ce qui a été fait avant et ce qui est à prévoir après, afin de bien informer le parent et l’autiste du début et la fin d’un traitement.

19. A-T-IL DE L’ESPOIR ?

Absolument. Plus on va comprendre l’autisme, plus on va lire correctement ses effets sur la personne, plus les normes d’intervention vont se mettre en place, et plus on va pouvoir faire les bonnes actions pour permettre aux personnes du spectre autistique de se développer de manière harmonieuse. On doit apprendre à être prudent avec l’intelligence des personnes autistes, on doit bien lire les manifestations autistiques, et on doit apprendre à faire avec afin d’aider la personne à gérer sa structure de mieux en mieux et de plus en plus. Dès qu’on cessera de la confondre avec d’autres problématiques, ou encore avec les neurotypiques, les personnes du spectre autistique auront une chance de se développer harmonieusement et d’avoir accès à leur plein potentiel. Et tout cela commence par le respect de leur dignité.

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