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L’autisme se lit avec la complexité des hiéroglyphes égyptiens et ne peut pas être pris à la légère en simple déduction d’un observateur extérieur comme l’erreur a été faite pendant 70 ans. La compréhension de l’autisme passe par la recherche sur le cerveau et la compréhension du vécu autistique. La mise à jour doit être constante et rigoureuse. L’équipe du centre d’expertise SACCADE tient à ce principe qui permet une intervention développementale efficace.

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Actualité médicale : Point sur l’autisme dans « The Lancet »

Dans son tout récent numéro de Mars 2014, la célèbre revue médicale internationale « The Lancet » consacre un article qui balaie tous les principaux thèmes (épidémiologie, détection, évaluation, pronostic, causes possibles et interventions) de ce sujet complexe. Les auteurs (professeurs à Cambridge et à Taiwan) soulignent, après un bref historique sur Kanner et Asperger, combien les choses ont changé en 70 ans surtout depuis le milieu des années 1990 avec un engouement attesté par le nombre de publications (près de 17000 entre 2000 et 2012 alors que ce chiffre ne dépasse guère les 6000 entre 1940 et 1999 !)

Ils définissent l'autisme comme un ensemble de conditions neuro- développementales hétérogènes, caractérisé par des difficultés précoces dans la communication sociale et les interactions manifestement restreintes ainsi que des comportements et des intérêts répétitifs. Les hypothèses psychanalytiques culpabilisantes sont donc belles et bien enterrées définitivement. Si les atteintes du langage sont fréquentes, elles ne sont plus considérées comme partie intégrante du diagnostic. Les nouveaux critères donnent des descriptions plus précises et améliorent la perception de l'organisation des principales caractéristiques de l’autisme, dans le but de fournir une évaluation plus individualisée des besoins de l'individu. Tout ceci pour faciliter l’octroie de soutiens adaptés, en particulier en termes de prestations compensatoires et de services cliniques.

Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact clinique et diagnostique de l’élargissement de la définition du trouble de la communication sociale, défini par des difficultés importantes avec les usages sociaux de la communication verbale et non-verbale dans au moins trois domaines. Cependant, cette classification ouvre la voix à l’élaboration de sous groupes comme notre pratique quotidienne et les éléments de plus en plus probants de la recherches tendent à la prouver. Que ce soit par l’aspect clinique des symptômes ou par leur développement dans le temps ou même par des données génétiques ou environnementales (probablement épigénétiques), il est quasiment certains que des formes particulières pourront être décrites et analysées plus précisément.

Dans ce contexte, le concept de «condition autistique » plutôt que de « trouble » est avancé comme une vision plus positive et moins stigmatisante, ce qui semble pertinent dans le mouvement actuel (parfois taxé d’insuffisant) d’intégration de nos enfants dans le milieu scolaire et plus généralement de la « Personne avec Autisme » dans notre société.


Résumé produit par Dr Éric Billon, psychiatre

Références : « Autism », Meng-Chuan Lai, Michael V Lombardo, Simon Baron-Cohen, Lancet 2014; 383: 896–910


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